Trace (31/12/2015)

Quelques jours avant le début des vacances scolaires, les Archives de Paris ont fourni une première réponse à la question laissée ouverte par la précédente chronique. A plusieurs reprises, des archivistes sont venus trier et conditionner les textes et objets déposés au pied du Bataclan depuis le 13 novembre. C’est, pour partie, à leur action que je dois d’avoir récupéré l’usage du trottoir.

Moi comme beaucoup d’autres. Le 11ème arrondissement comptait près de 150 000 habitants au dernier recensement.

Sur le trottoir du Bataclan, des barrières métalliques demeurent pour éviter que les gens ne s’approchent trop près. Dessus est accroché la lettre officielle rédigée par la Mairie du 11ème afin d’expliquer ce que sont devenus les hommages.

Une trace a remplacé les traces. L’observation répétée, conduite depuis le 26 décembre, indique que les visiteurs lisent avec autant de sérieux et de recueillement ce courrier municipal que les mots et messages qui continuent à être déposés sur le trottoir d’en face, le long du square du boulevard Richard Lenoir. Ici un discours sur le devenir des traces devient lui-même une trace que quelque chose a eu lieu.

 

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