Disparition (1/01/2016)

Qui est légitime à prendre soin des hommages ? A les conserver ?

A un collectif d’habitants  la place de la République ? Aux Archives de Paris, les abords du Bataclan ?

Importante, cette question est aussi vaine car malgré leurs efforts, les traces ont aussi pour fonction de disparaître. Le lundi 16 novembre, au sortir de la dépose des enfants à l’école, j’emprunte le boulevard Richard Lenoir. Le sol est recouvert d’une fresque réalisée par des street artists. Impression d’émerveillement de marcher sur une oeuvre foisonnante, un peu comme si le plafond de l’Opéra peint par Chagall était venu orner ce que d’ordinaire nous appelons le “terre plein” derrière chez nous.

Les dessins ont vite disparu. Aujourd’hui il ne reste que des traces journalistiques et photographiques de ces tracés à la craie.

Mon collègue Gérôme Truc, qui a soutenu une thèse éclairante sur la réaction aux attentats de Madrid, Londres et New York, souhaite aujourd’hui, à très juste titre, entreprendre un travail du même type sur la situation parisienne. La quête est abyssale, comment ne rien laisser de côté : collecte de tweets, aspiration de sites internet, analyses des archives etc. Il est impossible de donner la parole à des traces qui ont disparu. Et le choix des traces à étudier n’est pas sans conséquence sur le résultat de toute recherche.

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