Propriété (06/02/2016)

Ce vendredi je suis retournée place de la République à la même heure que la semaine précédente (aux alentours de 17h30). A mon arrivée, j’ai assisté à une scène rare, du moins à l’aune des observations que j’ai pu conduire jusqu’ici. Un homme s’est approché des abords de la statue non pour y déposer quelque chose mais pour prendre une toque de cuisinier qui figurait le drapeau tricolore en guise de tour de tête. Il a ensuite rejoint deux amis qui ont visiblement essayé de le convaincre de la reposer, sans succès.

toque anonyme

Légende : Discussion de l’homme avec deux amis. Il tient la toque dans sa main droite

Juste après les attentats, plusieurs guitares déposées devant le Bataclan ont, elles aussi, été accaparées par des passants. Dois je dire « voler » ? A qui appartiennent en définitive les textes et les objets déposés sur ces lieux ?

Je ne sais pas si les membres du collectif 17 plus jamais se décriraient comme propriétaires de ces objets et textes que l’on a coutume de qualifier d'”hommages”. Je n’ai pas encore entrepris de leur parler. Ce qui est sûr, par contre, c’est qu’ils adoptent une attitude de propriétaire sur les lieux où ces hommages sont déposés. J’ai retrouvé la même femme que la semaine précédente en train de s’activer autour de la statue pour mettre les choses en ordre, ou plutôt en scène. A chaque fois, elle fait des choix et décide de jeter ce qui, à ses yeux, n’a plus lieu d’être. Ce soir là deux gros sacs poubelles quitteront la place.

Légende : Sacs poubelle qui résultent du travail du collectif ce soir là et membres du collectif 17 plus jamais en discussion, 5 février 2016.

Un balayeur de la ville de Paris travaille sur la place au moment de mon observation. Voyant les membres du 17 plus jamais nettoyer la statue, il délaisse le reste de la place et vient à son tour, consciencieusement, balayer, non la statue d’autres s’en chargent, mais son contour. Chacun chez soi en quelque sorte.

balais

Si la même femme que vendredi dernier est à nouveau présente, plusieurs changements sont toutefois intervenus depuis ma dernière chronique (Pèlerinage 2/02/2016). Le « chêne du souvenir » semble avoir fait son entrée dans le domaine foncier dont le collectif 17 plus jamais considère assumer la charge. Il fait à son tour l’objet d’une mise en scène. Un pot de fleur (posé au centre) porte le logo du collectif (voir la photographie d’ouverture de la chronique). Le « chêne du souvenir » est en passe de venir une annexe du mémorial principal.

Il accueille pourtant une manifestation absente des abords de la statue de Marianne. Vendredi dernier, de petits carreaux de mosaïque bleus et jaunes formaient une phrase sur le tour de l’arbre. Ils y sont toujours cette semaine mais leur agencement a changé et un nouveau message s’est affiché, qui comporte toujours sa dimension biblique.

Pelerinage 29 janvier

Légende : Mosaïque du 29 janvier 2016, “Aimez vous les uns les autres”, tiré de l’Evangile selon Jean.
Légende : Mosaïque du 5 février 2016 “Lui grandissait et se fortifiait rempli de sagesse et la grâce de dieu était sur lui. Love”. Ce texte est tiré de l’Evangile selon Luc, lui désignant Jésus.
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