Voisins (1/03/2016)

Depuis novembre, les articles de presse comme les déclarations publiques de responsables politiques parlent de “riverains” des attentats. Des enquêtes à venir indiqueront si le terme est bien choisi et surtout s’il est pertinent de constituer en groupe unifié ces hommes et ces femmes qui ont parfois comme seul point commun d’habiter à proximité de lieux où se sont déroulées les tueries.

Dans tous les cas, ce rapport problématique des habitants, ou du moins de certains, avec les massacres commis en bas de chez eux n’a pas attendu le 13 novembre pour se faire jour. Certains “riverains” de Charlie Hebdo se sont constitués en collectif dès le printemps 2015. C’est pourtant le terme de “voisins” qu’ils ont préféré à celui de “riverains” pour se désigner de l’expression “Les voisins de Charlie”. L’objectif de ces voisins était de se ” ré-approprier leur quartier et leur ville pour y insuffler de la vie et de la couleur, refuser l’indifférence et se sentir concernés, démontrer, avec leurs moyens très modestes, que le “vivre ensemble” s’entretient et reste toujours à réinventer.”

Le 21 juin dernier, refusant l’image de tristesse donnée au quartier, des habitants, dont de nombreuses familles, ont organisé un pique-nique dans l’Allée verte qui coupe la rue Nicolas Appert. Aidés de leurs parents, les enfants ont alors peint de couleurs vives les poteaux qui balisent l’Allée et empêchent les voitures de s’y garer. Il s’agissait de redonner des couleurs gaies à leur espace de vie. Ces couleurs sont encore là aujourd’hui.

Voisins de charlie poteaux

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