Lieu (23/04/2016)

Avant hier, jeudi, vers 18h, la commission “Education Populaire” de Nuit Debout tient séance. Le dialogue entre l’intervenant, visiblement un de mes collègues universitaires, et les participants porte sur le concept d’hétérotopie forgé par Michel Foucault. Il s’agit de défendre l’idée que la place de la République n’est pas le lieu d’une utopie mais “un autre lieu” (hétéro-topie) où il est possible de faire, et peut-être de construire, quelque chose de nouveau. En réponse à cette proposition, une personne de l’assistance prend la parole. “Nous ne sommes pas dans un autre lieu. Nous sommes sur la place de la République là. C’est le même lieu où se sont passées d’autres choses importantes, c’est le même lieu que beaucoup d’autres trucs”. Ce à quoi son interlocuteur lui répond “non je ne suis pas d’accord c’est le même espace mais pas le même lieu”. De quoi la place de la République est-elle le lieu et comment s’inscrit-elle dans l’espace ? A-t-elle effectivement une mémoire ? Parmi celle-ci le souvenir des attentats et des mobilisations qui les ont suivis tient-il une place ?

IMG_3446Plan reproduit dans la gazette quotidienne de Nuit Debout, ici le 52 mars 2016 (le 21 avril)

Les termes de lieu et d’espace ont joué un rôle central dans la manière dont les sciences sociales ont jusqu’ici pensé la mémoire et les processus de mémorialisation. L’histoire, avec Pierre Nora, a forgé l’expression de “lieux de mémoire” tandis que la sociologie, avec Maurice Halbwahcs, pense la mémoire dans son lien à l’espace social, c’est-à-dire un ensemble structuré de relations entre des individus. Malgré leurs profondes différences, ces deux cadres théoriques lient fondamentalement l’espace et le temps. Et d’ailleurs, chez Michel Foucault lui-même, les hétérotopies vont de pair avec des hétérochronies (autres temps). Le cimetière lieu d’hommage aux morts, comme l’est un Mémorial, constitue ainsi, pour Foucault, un des meilleurs exemples d’hétérotopie /hétérochronie.

Et le temps de Nuit debout est effectivement autre : les nuits, moments a-sociaux par excellence, remplacent les jours et se succèdent selon un calendrier inédit, à mois unique, dont nous sommes aujourd’hui le 54ème jour. Mais est-il tout simplement possible que des individus, par définition socialisés, habitent à la fois un autre espace et un autre temps ? Il n’est à cet égard par anodin que les cimetières soient d’abord habités par des morts.

Mercredi soir, 51 mars donc, le concert donné par l’Orchestre Debout sur la place de la République a été décrit par beaucoup, participants comme commentateurs, comme un moment fort (“historique” ?) de la mobilisation. Plusieurs des réactions et commentaires qui ont suivi ont, à cette occasion, mis en avant l’émotion profonde des participants devant cette foule rassemblée, au diapason. Ils ont, à plusieurs reprises, fait référence au précédent de l’émotion ressentie en janvier puis en novembre 2015 dans le même lieu et au sein du même espace. Qu’un orchestre en vienne à symboliser Nuit Debout est l’indice de la difficulté à créer un autre lieu et un autre temps. C’est précisément à partir de l’exemple de l’orchestre que dès 1939, dans La mémoire collective chez les musiciens, le sociologue Maurice Halbwachs expliquait la manière dont fonctionne la mémoire collective et, avec elle, la société:

“Revenons à la remarque qui a été notre point de départ. Elle portait sur le rôle des signes dans la mémoire tel que nous avons pu le mettre en lumière sur l’exemple de la musique. Pour apprendre à exécuter, ou à déchiffrer, ou, même lorsqu’ils entendent seulement, à reconnaître et distinguer les sons, leur valeur et leurs intervalles, les musiciens ont besoin d’évoquer une quantité de souvenirs. Où se trouvent ces souvenirs, et sous quelle forme se conservent-ils ? Nous disions que, si on examinait leurs cerveaux, on y trouverait une quantité de mécanismes, mais qui ne se sont pas montés spontanément. Il ne suffirait pas en effet, pour qu’ils apparaissent, de laisser le musicien isolé en face des choses, de laisser agir sur lui les bruits et les sons naturels. En réalité, pour expliquer ces dispositifs cérébraux, il faut les mettre en relations avec des mécanismes correspondants, symétriques ou complémentaires, qui fonctionnent dans d’autres cerveaux, chez d’autres hommes. Bien plus, une telle correspondance n’a pu être réalisée que parce qu’il s’est établi un accord entre ces hommes : mais un tel accord suppose la création conventionnelle d’un système de symboles ou signes matériels, dont la signification est bien définie. […] Mais, même les souvenirs qui sont en eux, souvenirs des notes, des signes, des règles, ne se trouvent dans leur cerveau et dans leur esprit que parce qu’ils font partie de cette société, qui leur a permis de les acquérir ; ils n’ont aucune raison d’être que par rapport au groupe des musiciens, et ils ne se conservent donc en eux que parce qu’ils en font ou en ont fait partie. C’est pourquoi l’on peut dire que les souvenirs des musiciens se conservent dans une mémoire collective qui s’étend, dans l’espace et le temps, aussi loin que leur société. Mais, insistant ainsi sur le rôle que jouent les signes dans la mémoire musicale, nous n’oublions pas qu’on pourrait faire des observations du même genre dans bien d’autres cas.”

 

Lieu 2Plan de l’espace de la Place de la République qui évolue en direct au marqueur, le 53 mars

Nuit debout met en relation un ensemble de sous-espaces, de groupes structurés, qui lui préexistent et qui font que plutôt le lieu n’est pas tant autre que multiple. Et c’est pour cette raison même que Nuit debout peut être un lieu à mémoires, plutôt qu’un lieu de mémoire. L’acception du “lieu de mémoire” chez Pierre Nora est en effet à chaque fois univoque: c’est d’abord l’historien qui lui donne sens. La place de la République est, à l’inverse, un espace à temps multiples où chacun donne sens à la mobilisation présente comme aux événements passés. Action et mémoire en deviennent ainsi simultanément collectives.

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A cet égard, il pourrait être pertinent de s’interroger sur le fait que les précédents les plus souvent cités en référence à Nuit Debout sont les Indignés de Madrid et Occupy Wall Street à New York, deux villes qui ont également en commun d’avoir été le théâtre d’attentats meurtriers. Mais l’événement “attentats” lui-même ne prend sens que dans un temps et dans un espace. Même “monstre”, comme l’ont qualifié plusieurs commentateurs, il est lu à la lumière d’autres événements, parmi les plus personnels comme plusieurs chroniques précédentes l’ont montré ou eux-mêmes jugés “historiques” comme la Première et la Seconde Guerres mondiales. Sur la place, dans l’espace du “Mémorial” comme dans celui de Nuit Debout, ce n’est donc pas un lieu et un temps autres qui se construisent mais davantage une ou des manières, elles peut-être nouvelles, d’articuler et de mettre en relations des temps et des lieux qui sont déjà là.

 

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Messages en référence à la Seconde et la Première Guerres mondiales
déposés sur le socle de la statue à République

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Mémoires (18/04/2016)

Hier dimanche, comme tous les jours depuis une semaine maintenant, le Mémorial s’est métamorphosé au fur et à mesure de la journée. A 10h du matin, un bruit de trompette s’élève des abords de la statue. Une fanfare d’adolescents, garçons et filles, jouent de la musique. Des passants sont rassemblés pour assister au concert. Ils se font part de leur émotion :”j’en ai les larmes aux yeux” dit cette dame à sa voisine. Jouer de la musique en ce lieu, à cette heure-ci, prend visiblement un sens particulier pour les présents. Le concert se termine pas la Marseillaise, que le public improvisé se met à chanter. Les larmes coulent, cette fois-ci pour de bon, chez certains.

Metamorphoses 1

Les adolescents se dirigent ensuite vers l’autocar qui les a conduit ici. L’un des adultes responsables est alors interpellés par un spectateur. “C’est très beau ce que vous avez fait. Bravo. C’est pour les attentats ou pour Nuit debout ?”. L’homme répond qu’il a en effet ses “opinions sur Nuit Debout” mais que “c’est pour le Bataclan car c’est la musique et ce sont des jeunes. C’est important. Nous étions sur le chemin pour un concert et nous avons décidé de nous arrêter”.

Même lieu, même jour, 8h plus tard, le Mémorial, et avec lui l’ensemble de la place, se sont métamorphosés. Le socle de la statue n’est plus la scène à observer mais le lieu où s’installe le public de la mobilisation sociale.

Métamorphoses 2

Cette métamorphose au fil de la journée ne peut pourtant être résumé par le remplacement  d’une cause, “mémorielle”, par une autre, “tournée vers le futur”, comme le qualifient pourtant certains messagesJenny République 16 avril.

D’une part, si les membres du collectif “17 plus jamais”, qui entretiennent le Mémorial depuis janvier 2015, sont peu à peu exclus du lieu, le fronton de la statue (face au Sud de la place) continue à être entretenu et, surtout, visité pour rendre hommage aux victimes.

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(Ci-dessus) Le 17 avril 2016, la dame blonde du collectif “17 plus jamais” ne peut plus nettoyer et balayer le socle désormais occupé et habité par d’autres (ci-dessous). Désoeuvrée, elle observe son collègue qui a pour tâche d’entretenir le fronton et qui essaie de construire une forme de barrière pour délimiter les lieux (ci-dessus).

D’autre part, déposer des messages et créer des traces est une pratique que plusieurs participants à la mobilisation sociale font perdurer : d’« Etat d’urgence mon cul » à « panama papers » en passant par « Démocratie t’est où ? » et beaucoup d’autres.

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Plus encore, les traces du passé, ces “mémoires”, sont elles aussi omniprésentes dans la mobilisation « Nuit debout ». Hier encore, à la tribune, un porte parole des victimes des attentats annonçait un prochain rassemblement pour exiger une meilleure prise en charge de toutes les victimes, non seulement du 13 novembre mais aussi des autres attentats. Plus largement, régulièrement, les prises de parole à la tribune rappellent que République « c’est notre place », évoquant les mobilisations de solidarité spontanées post-attentats de janvier et novembre 2015. Le passé de la place est ainsi un des moteurs implicite du mouvement.

Mais l’invocation de la mémoire va au-delà des événements qui ont marqué 2015. Parmi d’autres ressources, le passé est convoqué pour donner sens à la mobilisation. A plusieurs endroits de la place, depuis deux semaines, des écritures différentes redonnent par exemple vie à la Commune de Paris, l’insurrection parisienne de 1870. A elle seule la récurrence de cette mention est d’ailleurs un indice fort de l’origine d’une partie des participants au mouvement social. Dans sa Sociologie de la mémoire communiste, Marie-Claire Lavabre a ainsi très bien montré l’importance de l’histoire de la Commune de Paris dans la constitution d’une appartenance communiste.

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Photographies prises respectivement le 18 et le 12 avril 2016, de part et d’autre de l’escalier du métro au centre de la place; La photographie en ouverture de cette chronique a été prise le 12 avril sur la façade Est de la caserne de la garde républicaine, rue du Fbg du Temple.

Mais le passé évoqué va au-delà de ces figures traditionnelles de l’histoire politique française. Vendredi soir, lors de l’Assemblée Générale, la commission « Migration » est invitée à présenter ses travaux. Son représentant aborde alors la question des sans-papiers. Mais il le fait à travers le prisme quasi-exclusif de la commémoration des 20 ans de l’expulsion, par les forces de l’ordre, des occupants de l’Eglise Saint Bernard. Il conclut sa prise de parole en proposant aux présents de participer à l’organisation d’une grande commémoration le 23 août prochain. Ces quelques exemples indiquent l’impossibilité de séparer un espace de causes “du passé” d’un autre de causes “du futur”comme des références “apolitiques” d’autres “politisées”. La mémoire est bel et bien un des langages du politique contemporain.

Juste avant la commission “Migration”, ce même vendredi, une jeune femme avait pris la parole. Après avoir indiqué qu’elle venait à République depuis le début, elle souhaitait lancer un appel pour recruter de bonnes volontés afin d’aider à la rédaction de comptes-rendus des assemblées générales du mouvement. Il s’agissait de recruter de nouveaux membres de la commission dédiée : la commission  « Mémoire commune ».

 

 

Lire (13/04/2016)

La place de la République devient donc un lieu d’écriture chaque jour un peu plus chargé. Et les hommages aux victimes des attentats ne constituent désormais plus qu’une île dans un flot de messages.

Un processus inverse caractérise les abords du Bataclan depuis quelques semaines. Les seuls messages que l’on peut y lire sont désormais ceux qui, non sans une certaine ironie, annoncent la mise en sécurité du site durant les travaux qui viennent de commencer (photographie d’ouverture de la chronique).

Il n’est ainsi plus possible de lire les menus du café du Bataclan, le courrier de la Mairie de Paris annonçant la collecte par les archives municipales ou encore les mots déposés par les passants. Cette absence de tout support écrit créée une distance avec le lieu et fait ressortir en creux l’importance qu’avaient ces mots pour accrocher le regard même lorsque ce qu’il y avait à lire n’avait aucun lien avec les événements : de la plaque qui explique l’histoire patrimoniale du Bataclan  à la liste des plats et consommations qui étaient disponibles au café du Bataclan jusqu’au 13 novembre.

Photographies prises en mars 2016

Tout se passe comme si le lieu n’avait plus rien à dire et donc qu’en retour le visiteur n’avait plus vraiment quelque chose à y laisser. Les barrières mises pour les travaux ont ainsi conduit à un déplacement des quelques rares dépôts qui continuent à arriver: sur le côté du café, là où il est encore possible de voir, et de lire, quelque chose à travers les vitres. Les hommages sont donc déposés plus loin du coeur des attentats, la salle de concert se trouvant elle à droite du café, à l’opposé.

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Un seul écrit récemment déposé au Bataclan le fut en grosses lettres rouges. La violence et le style cru de ce message marquent une rupture avec ceux déposés jusqu’ici . L’installation des barrières grises et vertes semble avoir changé le statut du lieu et, comme à République, permettre l’apposition de messages clivants jusqu’ici très rares.

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Ce message a depuis été effacé par les services de la ville. Les traces de l’encre rouge sont encore perceptibles.

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Il serait intéressant de déterminer le contenu, et la forme, de ce que aux yeux des responsables de l’entretien de l’espace public parisien peut être écrit ou doit être effacé.

Assis (08/04/2016)

La normalisation décrite dans la chronique précédente se poursuit sur la place de la République (comme d’ailleurs autour du Bataclan dont il sera question dans la prochaine chronique).

Le mouvement d’occupation de la place par les participants à “Nuit debout” entraîne une nouvelle transformation de la relation au “Mémorial”. Pour la première fois depuis les attentats, des gens se servent du socle de la statue comme de bancs, comme avant janvier 2015.

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Nuit du 5 avril, photographie réalisée par Sylvain Antichan.

La nuit se sont des participants au mouvement “Nuit debout” qui s’assoient. Mais ce retour à un usage fonctionnel du monument perdure la journée. Il est alors le fait de personnes qui ne participent pas à la mobilisation sociale. Les gens s’y assoient pour manger, se reposer, attendre quelqu’un ou téléphoner. Ce constat pose la question de l’articulation entre les dimensions symbolique et fonctionnelle des lieux et des objets, les deux n’étant pas forcément contradictoires. L’usage fonctionnel peut renforcer la portée symbolique, en la naturalisant.

Photographies prises entre le 4 et le 7 avril 2016

Le fait que la place soit publiquement occupée pour une autre cause que celle de la réaction aux attentats change donc la relation au mémorial. Ces nouveaux comportements ont entraîné une réaction des membres du collectif “17 plus jamais”. D’une part, ils voient d’un mauvais oeil ces passants assis. De l’autre, ils ont annoncé aux personnes qui viennent pour “Nuit debout” qu’ils devaient respecter le mémorial. Dans les discussions, ils mobilisent alors des arguments qui font référence au saccage survenu lors de la cop 21 et des conséquences d’image que cela a eu pour les activistes écologistes. Ils ont affiché en cinq exemplaires leur mise en garde. Ici deux mobilisations se font face et se répartissent l’espace de la place : celle du “17 plus jamais” et celle de “Nuit debout”.

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Le second changement qui frappe est que, sur la place, le foisonnement d’écritures n’est plus cantonné à la statue. Si les messages et inscriptions présents sur la statue restent très majoritairement relatifs aux attentats, le sol de la place est lui recouvert d’inscriptions liées à la mobilisation sociale. Deux zones d’expression très clairement séparées se dessinent. Cette séparation est d’abord spatiale, il y a comme une frontière entre l’espace des traces relatives aux attentats et celui des traces relatives à la mobilisation sociale. Cette zone tampon ne compte qu’un seul ensemble d’inscriptions au contenu neutre eu égard au reste des textes. L’association des mots “Résistance” et “Résilience” traduit le trait d’union entre les deux espaces de la place.

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espace frontière, 7 avril 2016

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En effet, les écritures autour du mémorial sont consensuelles et ont pour vocation de rassembler alors que celles qui foisonnent sur le sol sur la partie ouest de la place, où la mobilisations’installe dans la durée, dessinent le plus souvent une opposition radicale et conflictuelle entre des groupes ou des collectifs (l’Etat contre le peuple, les patrons contre les salariés etc…).

Outre la séparation spatiale des écritures, l’observation du lieu indique que, la journée, les participants à “Nuit debout” ne franchissent que très rarement la zone tampon et ne regardent pas le mémorial. Ils écrivent leurs propres messages sur la place plutôt qu’ils ne vont lire ceux déposés sur la statue.

Hier 7 avril, il était ainsi frappant de voir la coexistence, sans aucun contact, entre deux populations : d’un côté les personnes mobilisées par le conflit social, jeunes adultes ou retraités, visiblement Parisiens, parfois même riverains du quartier, ou originaires de la région parisienne; de l’autre, les visiteurs du mémorial qui étaient, à leur très grande majorité, des touristes, encore porteurs de leurs étiquettes de bagages cabines avion ou avec des cartes de Paris à la main. Cette deuxième catégorie était composée de familles venues de province à l’occasion des vacances scolaires débutées dans certaines régions, population formée d’adultes d’âge moyen et d’enfants et adolescents.

La place cristallise donc spatialement une typologie sociale qui figure un décalage important entre différentes parties de la société française.

Mais pour un observateur extérieur, se dégage dans le même temps l’impression que , au-delà des clivages, des causes défendues ou des attitudes, ces deux populations ont en commun le besoin de se rassembler. Comme le dit une des rares inscriptions non clivantes du côté “Nuit debout” : “Maintenant que nous sommes ensemble ça va mieux”. Formule qui fait écho à celle utilisée par les personnes présentes spontanément sur cette même place au soir des attentats de janvier ou de novembre…

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