Lire (13/04/2016)

La place de la République devient donc un lieu d’écriture chaque jour un peu plus chargé. Et les hommages aux victimes des attentats ne constituent désormais plus qu’une île dans un flot de messages.

Un processus inverse caractérise les abords du Bataclan depuis quelques semaines. Les seuls messages que l’on peut y lire sont désormais ceux qui, non sans une certaine ironie, annoncent la mise en sécurité du site durant les travaux qui viennent de commencer (photographie d’ouverture de la chronique).

Il n’est ainsi plus possible de lire les menus du café du Bataclan, le courrier de la Mairie de Paris annonçant la collecte par les archives municipales ou encore les mots déposés par les passants. Cette absence de tout support écrit créée une distance avec le lieu et fait ressortir en creux l’importance qu’avaient ces mots pour accrocher le regard même lorsque ce qu’il y avait à lire n’avait aucun lien avec les événements : de la plaque qui explique l’histoire patrimoniale du Bataclan  à la liste des plats et consommations qui étaient disponibles au café du Bataclan jusqu’au 13 novembre.

Photographies prises en mars 2016

Tout se passe comme si le lieu n’avait plus rien à dire et donc qu’en retour le visiteur n’avait plus vraiment quelque chose à y laisser. Les barrières mises pour les travaux ont ainsi conduit à un déplacement des quelques rares dépôts qui continuent à arriver: sur le côté du café, là où il est encore possible de voir, et de lire, quelque chose à travers les vitres. Les hommages sont donc déposés plus loin du coeur des attentats, la salle de concert se trouvant elle à droite du café, à l’opposé.

IMG_3146

Un seul écrit récemment déposé au Bataclan le fut en grosses lettres rouges. La violence et le style cru de ce message marquent une rupture avec ceux déposés jusqu’ici . L’installation des barrières grises et vertes semble avoir changé le statut du lieu et, comme à République, permettre l’apposition de messages clivants jusqu’ici très rares.

TAg bataclan

Ce message a depuis été effacé par les services de la ville. Les traces de l’encre rouge sont encore perceptibles.

IMG_3148

Il serait intéressant de déterminer le contenu, et la forme, de ce que aux yeux des responsables de l’entretien de l’espace public parisien peut être écrit ou doit être effacé.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s