Cycle (01/09/2016)

Les événements survenus durant l’été ont confirmé que le terme même d’« événement », qui a pourtant donné son titre à la deuxième chronique de ce blog, n’était peut-être pas le plus pertinent. Doit-on désormais penser à une nouvelle échelle ? Est-il seulement possible de « prendre dates » finalement ? Et, plus encore, s’interroger sur la possibilité même d’une temporalité collective ?

Hier, veille de rentrée des classes, les habitants du quartier ont pu prendre la mesure de l’impossibilité de clôturer l’événement « 13 novembre ». La coupure des vacances leur avait presque fait oublier la présence policière. Or, ce 31 août, les rues des écoles des enfants étaient, à nouveau, fermées et placées sous haute protection. Visiblement inconscients de (ou insensibles à ?) la peur qu’avaient pu ressentir, et tant bien que mal maîtriser, les parents de ce groupe scolaire tout au long de l’année 2016, les ministres de l’Éducation nationale et de l’Intérieur ont choisi de visiter cette école pour communiquer sur la mise en sécurité des bâtiments éducatifs. Un retour de l’angoisse et une, nouvelle, mise en lumière du lieu, que personne ne souhaitait.

Surtout l’impression d’un rapport finalement cyclique à l’événement.

143-epoque

Nouveaux drapeaux, boulevard Voltaire, 29 août 2016. Celui de l’immeuble d’en face a, lui, été décroché pendant l’été.

L’impossibilité de réduire la temporalité des choses à un début, un milieu et une fin, ou tout simplement à un avant et un après, se fait jour sous de nombreux aspects.

Durant le mois d’août, de nouveaux drapeaux français sont apparus aux fenêtres, tandis que d’autres ont été décrochés. Parfois même, certains sont installés pour une journée, puis disparaissent… avant, plus rarement, de réapparaître. Ainsi, l’entrée dans une nouvelle ère semble aller de pair avec un éclatement des temporalités : chacun accroche son drapeau à son rythme et selon un temps qui lui est propre, même si, à n’en pas douter, cet acte s’inscrit dans une dynamique sociale qui reste, à chaque fois, à étudier et à comprendre.

Sur la place de la République, aujourd’hui, seul le chêne du souvenir rappelle l’ancienne présence du mémorial. Il a d’ailleurs été réinvesti par les membres du collectif « 17 plus jamais », qui y ont apposé leur logo.

Et parfois des passants s’arrêtent effectivement pour le regarder.

Photographies prises les 26 et 29 août 2016.

Et si le socle sud de la statue reste, lui, vierge de tout message, il continue à être visité et photographié, comme « mémorial », par de nombreux visiteurs, comme si sa fonction perdurait en attendant un prochain attentat, figurant là encore une forme de mouvement cyclique.

Photographies prises les 27 et 28 août 2016.

Il ne s’agit donc plus désormais de « vivre après », mais de « vivre avec ». Comme avec d’autres événements ou situations, publics comme privés, survenus depuis ou qui étaient déjà là avant le 13 novembre 2015.

Et pour moi, cette nouvelle temporalité implique un retour à une forme d’analyse inscrite sur le temps long, dissociant cette fois-ci l’habitante de la sociologue.

 

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